Anna 2012
30 lead sheet/screenprintings
production: amis du f.r.a.c Champagne-Ardenne.








la bande à Barra 2010
14 screenprintings (superposition of two faces)
(56x76cm)
with galery P.Tal-Coat (Hennebont)


paintings for play:"quatrevingt-treize" 2009
compagnie In-Cauda
The text of the play is published in paperback with ten reproductions:2009  
editions venenum bon de commande:http://lacompagnieincauda.blogspirit.com/)









 



 

 



 













quatrevingt-treize 2009
chalk,paper,oil
  38x45cm (frame:50X60cm )



 


quatrevingt-treize 2009

chalk,paper,oil
  38x45cm (frame:50X60cm )
acb,scène nationale (Bar-le-duc)




 ©jean-michel hannecart










 spectacle quatre-vingt-treize 2011
 Festival D'Avignon 2010




Pour éviter le néant, nul besoin de trop en faire. Sur une scène de théâtre, la grâce opère bien souvent par la seule force d’un texte s’il est beau, et des comédiens s’ils sont bons. Dans les années 1950, d’ailleurs, Barthes disait aimer le festival d’Avignon pour la simplicité de son dispositif : « un théâtre qui fait confiance à l’homme », écrivait-il à propos de la Cour d’honneur, cette salle improvisée où c’est « au spectateur d’imaginer le décor ».
Dans un petit lieu du « off », j’ai vu récemment un spectacle qui fait « confiance à l’homme » et, du même coup, au théâtre.

Emmenés par Godefroy Ségal, auteur, metteur en scène et directeur de la compagnie In Cauda, trois comédiens et deux comédiennes jouent Quatrevingt-treize, le dernier roman de Victor Hugo (publié en 1873). Une épopée qui nous conte la guerre civile de Vendée, les querelles opposant Marat, Robespierre et Danton, les séances de la Convention, cette fameuse Assemblée nationale révolutionnaire qu’Hugo compare à l’Himalaya…
“In Cauda” définit ainsi son projet : « travailler ardemment à la théâtralisation d’œuvres littéraires ». La formule est d’une franchise à la fois tendrement naïve et très juste. Car de l’ardeur, il en fallait en effet, pour transposer sur une scène de théâtre le récit hugolien, cette fresque immense qui va et vient entre descriptions de batailles et pages d’introspections; ce roman qui ose tous les excès pour nous faire admirer tantôt un seigneur royaliste, le marquis de Lantenac, tantôt un héros révolutionnaire, le jeune Gauvain, son neveu devenu chef d’une armée républicaine…
Pour mettre en scène cette œuvre dédiée à la complexité, Ségal a choisi la plus grande simplicité. En guise de décors, par exemple, il fait défiler des images inspirées du roman, sobrement projetées sur un écran près des comédiens.
Ces reproductions ressemblent aux dessins qu’Hugo traçait lui-même à partir de ses romans ; mais ce sont en fait des tableaux de l’artiste Jean-Michel Hannecart, composés pour la création du spectacle, et ce jeu d’écho entre art plastique et dramatique fonctionne à merveille. Pour le reste, Géraldine Asselin, François Delaive, Nathalie Hanrion, Alexis Perret et Boris Rehlinger : les cinq acteurs qui jouent tous les rôles, s’offrent au roman d’Hugo avec un dévouement absolu, prêtant leur souffle au texte comme aux bruits du vent, de l’océan ou des flammes.
Car dans ce spectacle, on ne cherche pas l’effet, on montre tout : la toile secouée pour faire entendre les voiles d’un navire, les percussions utilisées pour accompagner une action militaire, les pétards lancés pour faire sentir l’odeur de la poudre, les sifflements d’un acteur qui mime le vent… Vaine agitation, pensera-t-on peut-être au vu de cette description. Sublime modestie, répondra le spectateur, conquis par ces petits « jeux » entièrement dédiés à son imaginaire. Sous le signe de cette ardente modestie, donc, la grâce ne manque pas d’opérer. Devant la scène ornée d’une simple table et de quelques tabourets, on est d’emblée transporté partout où les acteurs nous conduisent : de batailles en dilemmes politiques, de tour enflammée en cellule de prison… Un délicieux petit miracle de théâtre, en somme. Et pour y croire, il faut le voir (au théâtre du Ring, à Avignon, jusqu’au 30 juillet ; puis à Oullins, Bar le Duc, Rambouillet et Guyancourt à partir de févier 2011).
theatre.blog.lemonde.fr
http://www.midilibre.com/articles/2010/11/16/UZES-Theatre-Le-dernier-roman-de-Victor-Hugo-sur-scene-1453489.php5